Quand
les anciens de "l'Institution Ste Marie" de Tunis se retrouvent…50
ans après
.Deux titres dans la presse
nationale tunisienne de ces dernières semaines. LA PRESSE, c'est
aussi le titre du principal quotidien en langue française édité
en Tunisie. Le 1er de ces titres :" Les maristons de Tunis, 50 ans
plus tard " informe les lecteurs qu'une 40aine d'anciens élèves
viennent de faire un pèlerinage à Tunis, et plus spécialement
dans l'établissement scolaire où ils ont usé leur
fond de culotte dans les années 1950-60. Beaucoup d'entre résident
maintenant en France, d'autres, moins nombreux, en Italie ou à
Malte, plusieurs en Tunisie.
Grâce à internet, à l'initiative de tel ou tel de
ces jeunes retraités, ils ont résolu de se retrouver à
l'endroit même de leur enfance et de leur adolescence, là
ils ont noué des liens comme tout potache, surtout quand ils étaient
internes, et beaucoup l'étaient parce que leurs parents habitaient
à Béja, à Métlaoui, à Siliana ou à
Mateur. La plupart sont rentrés en France au moment de l'indépendance,
en 1956, ou au cours des années qui ont immédiatement suivi.
Beaucoup se sont installés dans le midi et, à l'initiative
de l'un d'eux, Pierre Cassar, (promotion des élèves nés
autour de 1940), une 60 aine d'anciens camarades s'étaient retrouvés,
il y a quelques mois, dans une hostellerie de Chateauneuf-du-Pape. Ils
venaient de diverses régions de France et même de Grande-Bretagne;
de Suisse, d'Italie et de …Tunisie. Pour la plupart d'entre eux,
ils ne s'étaient pas revus depuis 1957 ou 58.
A la suite de ces retrouvailles, une idée a pris forme: pourquoi
ne pas se rencontrer à nouveau, cette fois à Tunis, pour
revoir l'établissement qui les avait réunis pour la 1ère
fois et revoir ceux de Tunis qui étaient restés sur place
?
L'idée a séduit et voici que, au cours de ces premiers jours
de mai, une 40aine des ces anciens camarades de classe a repris le chemin
de l'école sur lequel ils ont rencontré un certain nombre
de leurs anciens condisciples tunisiens: je n'en citerai que 3: Radjah
Ezzedine, qui fut le 1er pilote de la compagnie Tunisair, Nouri Yaya Zaheg,
un des organisateurs (et quel organisateur!) du séjour des pèlerins
en Tunisie, Xavier Ancona qui habite à Tunis même, près
de la place Pasteur.
Un des moments forts fut la soirée passée à l'école,
le jeudi 8 mai. Cette fois-ci dans son édition du 19 mai, le journaliste
intitule son papier "le retour des potaches". Les voici, les
potaches, rajeunis de 50 ans, parfois même un peu plus et, transportés
en arrière, ils se retrouvent avec une émotion mal contenue
dans la cour des grands et ils retrouvent en même temps, comme par
enchantement, leur comportement de potache, ils chahutent, ils s'interpellent,
ils se bousculent, ils s'embrassent en pleurant, (n'est-ce pas, Chedli,
Abderhamane, Habib…) Les dames sont étonnées de voir
leur mari embrasser leurs copains d'alors avec force tapes dans la dos
et les yeux embués. Oui, moment d'émotion intense aussi
quand un ancien élève, de sa voix bien timbrée entonne
un cantique à la Vierge. Claude Patti, le Sarde est tout heureux
de faire sonner à toute volée la cloche qui ponctuait et
continue à sonner le début et la fin de la récré.
Et puis, soudain, à l'invitation de Morand, le directeur de l'école
jusqu'au mois de septembre dernier, on se hâte de "rentrer
en classe", (réflexe de Pavlov, au son de la cloche?) on retrouve
les bancs d'autrefois, régulièrement repeints, le tableau
noir devenu vert où l'on s'empresse d'écrire "Vive
les Maristons!", on repère sa place, on se souvient de tel
ou tel prof, on découvre la salle informatique, l'espace audio-visuel
qui était autrefois le chœur de la chapelle où beaucoup
ont fait leur leur communion, on évoque les maîtres aujourd'hui
disparus: le P. Chazotte, le P. Calvet, l'abbé Maurel, l'abbé
Michel, Melles Grammatico, Voisin…et tant d'autres !
L'heure avance. Le programme est chargé, l'horaire serré
et les organisateurs ne veulent pas prendre du retard. Cependant, Claude
Patti sonne encore une fois la cloche et entonne le chant des adieux que
reprennent les voix mâles des potaches redevenus sérieux.
A quand la prochaine rencontre? En tout cas, merci aux organisateurs de
ces moments émouvants de retrouvailles
André Brissinger
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